L’UTMB 2026 restera comme une édition particulièrement marquante. Si l’Américain Ben Dhiman a dominé la course masculine en établissant un nouveau temps de référence en 18h16’29’’, c’est surtout la victoire de Blandine L’Hirondel qui a fait chavirer Chamonix. La Française s’impose pour la première fois sur l’UTMB en 21h54’49’’, devenant la première femme à passer sous la barre des 22 heures. Derrière les performances chronométriques, cette édition aura également été celle de belles histoires humaines, avec l’exploit du para-athlète Julien Veysseyre et le premier UTMB bouclé par Théo Détienne. Mais la course a aussi fait énormément de dégâts : 726 des 2 407 partants n’ont pas rejoint Chamonix.
Blandine L’Hirondel, de l’outsider à la reine de l’UTMB

Elle se disait elle-même outsider au départ et n’était pas certaine de pouvoir tenir le rythme sur 100 miles après une préparation perturbée par une blessure. Blandine L’Hirondel abordait donc cet UTMB 2026 avec quelques inconnues et sans vouloir se placer parmi les grandes favorites. Pourtant, une fois la course lancée, la Française a mené son UTMB à la perfection, faisant preuve de patience et de maîtrise pour construire progressivement sa victoire.
Sans se laisser entraîner par le rythme de ses concurrentes dans les premières heures, elle a parfaitement géré son effort avant de prendre les commandes et de creuser progressivement l’écart. Une gestion remarquable qui lui permet finalement de s’offrir la plus grande victoire de sa carrière.
Blandine L’Hirondel remporte l’UTMB 2026 en 21h54’49’’, terminant également à une remarquable 26e place au classement général. Elle devient surtout la première femme de l’histoire à boucler l’UTMB en moins de 22 heures.
À Vallorcine, au kilomètre 155, son avance dépassait les quarante minutes sur Rachel Entrekin. Même une chute dans la dernière partie du parcours, qui l’a fait boiter dans la descente vers Chamonix, n’aura finalement pas suffi à remettre en cause une victoire construite avec une impressionnante maîtrise.
Ce succès possède également une dimension symbolique particulière. Après avoir remporté l’OCC en 2021 puis la CCC en 2022, Blandine L’Hirondel complète désormais la trilogie des finales UTMB. Elle devient seulement la troisième athlète de l’histoire et la deuxième femme à réussir cet enchaînement. Elle est aussi la première Française à remporter l’UTMB depuis Caroline Chaverot en 2016.
Partie avec l’étiquette d’outsider et des doutes légitimes sur sa capacité à tenir la distance après sa blessure, Blandine L’Hirondel quitte Chamonix avec celle de reine de l’UTMB 2026.
Julien Veysseyre, 44 heures pour entrer dans l’histoire

Il y a les victoires, les podiums et les records. Et puis il y a certaines arrivées qui racontent autre chose.
Celle de Julien Veysseyre en fait incontestablement partie.
À 39 ans, le para-athlète français, amputé de la jambe droite sous le genou depuis un accident survenu à l’âge de 18 ans, est devenu le premier amputé tibial à terminer l’UTMB.
Après 44h16’04’’ d’effort, il a rejoint Chamonix à la 1 475e place, au terme des quelque 174 kilomètres et 9 700 mètres de dénivelé positif de la course.
Un exploit d’autant plus impressionnant que l’abandon s’est rapproché dangereusement durant son aventure. Julien Veysseyre avait déjà franchi une première étape majeure en terminant la CCC en 2025, mais passer du format 100K aux 100 miles de l’UTMB représentait un tout autre défi.
Pour réussir son pari, cinq accompagnateurs se sont notamment relayés afin de transporter une seconde prothèse autour du Mont-Blanc.
Son arrivée à Chamonix dépasse ainsi largement le simple classement. Elle constitue l’une des images fortes de cette édition 2026 et une nouvelle étape importante dans la représentation des para-athlètes sur les grandes épreuves d’ultra-trail.
Théo Détienne : un premier UTMB loin du scénario rêvé, mais terminé

Autre histoire française à retenir : celle de Théo Détienne.
Pour son premier UTMB, le Français pouvait nourrir de grandes ambitions. Son potentiel sur les formats longs ne faisait guère de doute et il faisait partie des outsiders susceptibles de venir perturber la hiérarchie.
Mais un premier 100 miles autour du Mont-Blanc ne se déroule pas toujours comme prévu.
Théo Détienne a connu une course difficile et progressivement perdu du terrain. Là où certains auraient pu choisir de mettre le clignotant une fois les ambitions de classement envolées, le Français a continué.
Il franchit finalement la ligne après 24h00’41’’, à la 71e place, dont la 63e chez les hommes. Le tout après 174 kilomètres et environ 9 700 mètres de D+.
Très loin, évidemment, du résultat qu’il pouvait espérer au départ.
Mais terminer son premier UTMB reste loin d’être anodin, particulièrement lors d’une édition qui aura envoyé près d’un tiers du peloton à l’abandon. Son arrivée à Chamonix, accompagnée d’une véritable haie d’honneur, restera d’ailleurs l’une des belles images françaises de la course.
À seulement 24 heures de course pour une première expérience sur l’UTMB, cette 71e place ressemble davantage à une étape dans son apprentissage du 100 miles qu’à un échec.
Une édition marquée par une véritable hécatombe

Car derrière les vainqueurs et les finishers, l’UTMB 2026 a également été particulièrement impitoyable.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
2 407 coureurs ont pris le départ. 1 681 ont terminé. 726 ont abandonné.
Cela représente un taux d’abandon de 30,2 %. Autrement dit, pratiquement un coureur sur trois n’a pas réussi à revenir à Chamonix.
Et les élites n’ont absolument pas été épargnées.
L’un des plus gros coups de tonnerre est venu de Courtney Dauwalter. L’Américaine, multiple lauréate de l’épreuve et immense référence de l’ultra mondial, a abandonné au Lac Combal, autour du 68e kilomètre.
Quelques minutes seulement plus tard, au même endroit, c’est Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB 2024 et auteur quelques semaines auparavant d’une Western States exceptionnelle, qui mettait lui aussi fin à sa course. Les deux anciens vainqueurs ont abandonné à seulement treize minutes d’intervalle.
La nuit avait déjà commencé à faire de sérieux dégâts : après environ douze heures de course, 177 concurrents avaient abandonné, dont 21 parmi les 100 premiers dossards, attribués aux athlètes les mieux cotés.
Un rappel brutal de ce qui fait la particularité de l’UTMB. Le niveau sportif peut être toujours plus élevé, le matériel toujours plus performant et les chronos toujours plus rapides : les 100 miles autour du Mont-Blanc restent une épreuve où rien n’est acquis.
Ben Dhiman frappe fort chez les hommes

Impossible enfin de revenir sur cette édition sans évoquer le vainqueur masculin.
Après sa deuxième place en 2025, Ben Dhiman est revenu à Chamonix avec une ambition claire. L’Américain l’a transformée en démonstration.
Il remporte l’UTMB en 18h16’29’’, établissant le temps le plus rapide jamais réalisé sur l’épreuve et confirmant son changement de dimension sur la scène internationale.
Derrière lui, le Français Baptiste Chassagne décroche une superbe deuxième place, complétant une édition particulièrement réussie pour le trail français.
Un UTMB 2026 dont on se souviendra
Records, abandons, premières fois et histoires humaines : l’édition 2026 aura concentré tout ce qui fait la singularité de l’UTMB.
Ben Dhiman repart avec la victoire et un nouveau temps de référence. Blandine L’Hirondel écrit une nouvelle page de l’histoire du trail français en devenant la première femme sous les 22 heures et en complétant sa collection OCC-CCC-UTMB.
Mais les 44h16 de Julien Veysseyre, premier amputé tibial à devenir finisher de l’UTMB, resteront tout autant dans les mémoires. Comme les 24 heures de Théo Détienne, qui aura découvert que sur un premier 100 miles, savoir continuer lorsque la course ne ressemble plus du tout à celle que l’on avait imaginée constitue déjà une performance.
Avec 726 abandons et seulement 69,8 % de finishers, l’UTMB 2026 rappelle finalement une évidence : autour du Mont-Blanc, franchir la ligne reste en soi une victoire.














